mardi 22 mars 2016

La langue, coeur de l'identité

La langue, témoin vivant de la mémoire d'un peuple qui par sa seule expression défend son identité mieux dans la bouche d'un de ses enfants que n'importe quelle armée décidée sur un champ de bataille.

Lorsque le pouvoir bascule à Kiev en février 2014, les régions russophones regardent avec inquiétude les nouveaux maîtres de l'Ukraine qui semblent non seulement se tourner résolument vers l'Europe atlantiste, mais surtout vouloir porter le projet de devenir un e "anti-Russie" exemplaire.

Prolongeant les slogans russophobes qui fusaient sur les barricades, le gouvernement Turtchinov issu des excités du Maïdan, a dans les jours qui ont suivi le renversement du Président Ianoukovitch, pris des mesures arbitraire à l'encontre de l'identité et l'héritage russes présents en Ukraine... 


L'interdiction de la langue russe comme seconde langue officielle du pays a mis le feu aux poudres qui sont sensibles dans ce pays écartelé entre le monde slave et le monde occidental  et qui porte encore visibles les stigmates passées du bandérisme et du stalinisme...

Les défenseurs du Maïdan minimisent, voire nient cette politique culturocide inadmissible, et pourtant, alors que le russe est une langue extrêmement présente dans la société ukrainienne où on estime que 60% de la population l'emploie quotidiennement, les mesures visant à son éradication sont permanentes et de plus en plus radicales depuis le coup d'état du Maïdan.
Ainsi de ce projet à Kiev, dont l'auteur est le chef de la faction parlementaire "Svoboda" Yuri Sirotyuk, qui dans une présentation hallucinée évoque le russe comme «la langue de l' occupation": 
Ce fanatique niant la réalité historique, démographique et culturelle de son pays préconise d'imposer "la langue ukrainienne comme seule langue de travail, de la tenue des dossiers, de la documentation, de l'autonomie locale des organismes, des entreprises, des institutions et des organisations de la propriété communale."

De fait les mesures concernent plus une éradication du russe que une valorisation de l'ukrainien puisque cette dernière langue bénéficie d'un monopole forcé par l'administration plus qu'une présence identitaire naturelle. Cela rappelle la politique catastrophique menée dans la France jacobine pour tenter de faire disparaître les langues régionales.

Cette défense de la langue ukrainienne démontre en réalité sa fragilité, car la vivacité d'une langue n'est pas et ne peut-être la conséquence d'une décision administrative mais une réalité humaine profonde enracinée dans la mémoire de l'identité naturelle. En revanche ce que peut faire la bureaucratie d'un état totalitaire c'est de tenter d'imposer par défaut une langue en réprimant sévèrement les autres...

Depuis le temps de la reine Boadicée, nombre de tyrannies ont tenté d'effacer la mémoire des peuples dominés mais les manuels d'histoire réécrits, les programmes culturels sélectifs  ne servent à rien si la langue persiste, car libre ou captif, soumis ou souverain un oiseau représentera la Liberté tant qu'il continuera à chanter..


jeudi 17 mars 2016

Quand décadence rime avec renaissance

La gangrène brune d'une Europe asservie 

Unités paramilitaires du Secteur Droit, "Prayvi Sector" en Ukraine et "Parem Sektor" en Estonie

Lorsqu'une civilisation entre en décadence, elle cesse de progresser vers un inconnu désespérant, et, tournant en rond elle sombre généralement dans la tentation facile de revenir vers ses vieux démons...C'est le cas des européens noyés dans un système supranational dépendant d'un pouvoir étranger qui utilise la peur de l'autre pour asservir des foules en quête de n'importe quelle valeur rassurante... 

Ainsi voit-on resurgir dans les pays européens une frange de mouvements extrémistes qualifiés de "nationalistes" dont nombre d'entre eux, 70 ans après la fin de la guerre révèlent de fait une filiation idéologique surprenante et inquiétante avec une histoire criminelle nazie.

Ces néo-nazis qui jusqu'à présent rampaient dans une marginalité underground sans visibilité ni influence apparaissent désormais au grand jour, tenant meetings et rassemblements, défilant dans les rues des capitales européennes, quand ils ne jouent pas le premier rôle dans des révolutions colorées organisées par un Nouvel Ordre Mondial vampirique à la recherche de nouvelles proies.

Parmi les pays qui collaborent le plus à cette résurgence nazie en Europe on trouve les pays de la frange est-européenne, qui bien qu'ayant vécu sur leurs territoires les pogroms, les camps de concentration, les massacres perpétrés par les Einsatzgruppen etc... tolèrent le plus quand ils ne les favorisent pas directement, l'apparition de mouvements paramilitaires ouvertement néo-nazis.

Les pays baltes sont connus pour avoir soutenu le combat antibolchevique des divisions de waffen SS estoniennes ou lituaniennes notamment, et longtemps après la guerre où les partisans de ces dernières dans le cadre de la guerre froide bénéficiaient d'une indulgence des USA et même d'un soutien de la part de la CIA ("les frères de la forêt") 
En Estonie par exemple, ce ne sont pas moins de 80 000 hommes qui vont rejoindre les rangs des unités nazies, milices ou divisions SS locales.

Plus tard au moment de l'effondrement du bloc soviétique, le travail de dénonciation des crimes soviétiques par certain intellectuels et hommes politiques comme Vaklav Havel et qui les élèvent au même niveau que les crimes nazis a contribué autant à condamner les premiers que relativiser les seconds. 

Ces mouvements néo nazis qui fleurissent en Europe semblent surtout dynamisés dans le présent par une russophobie délirante héritée de l'Histoire du stalinisme, entretenue par la guerre froide et réactivée par une nouvelle confrontation contre la Russie  recherchée par les USA 

C'est le cas de l'Ukraine, dont le gouvernement a été l'objet d'un renversement violent issu d'une "révolution colorée" au cours de laquelle les néo-nazis militarisés ont été le fer de lance d'un coup d'état meurtrier.

Ces mouvements paramilitaires extrémistes ("Svoboda", l'ex parti socialiste-national ukrainien, "Prayvi Sector" etc...) devenus partis politiques participent même aujourd'hui au nouveau pouvoir kiévien et ce dans des postes très importants comme le Ministère de l'Intérieur dirigé par Andreï Paruybi (co-fondateur de Svoboda) par exemple et qui pilote l'opération anti terroriste menée contre la population russophone du Donbass (plus de 10 000 morts en 1 an et demi)

Arrestation de Graham Phillips le 16 mars à Riga
Ces néo-nazis désormais validés par les pouvoirs sont reçus en grande pompe dans les palais présidentiels des Etats occidentaux et de l'Union Européenne, et désormais ils sortent des égouts de l'Histoire pour parader dans les rues des capitales, et sous la protection de la police, comme ici à Riga, en Estonie, où elle a même procédé à l'arrestation d'un journaliste écossais, Graham Philipps qui s'intéressait de trop près à cette glorification du nazisme... 

On peut observer à travers cette renaissance des idéologies fasciste et nazie en Europe le symptôme d'un système à bout de souffle arrivant en fin de cycle et qui est prêt à tout pour tenter de prolonger encore un peu plus son existence. 
Et l'essence même de ce Nouvel Ordre Mondial est amorale car liée aux marchés financiers et donc ses pilotes n'ont aucun scrupule de s'allier avec des fanatiques meurtriers, en Libye, Syrie ou Ukraine du moment que cela serve les intérêts d'une ploutocratie mondialiste. 

L'argent n'a pas d'odeur !

Le sénateur étasunien Mac-Cain, porte parole de la politique étrangère menée par les néo-conservateurs étasuniens,
sur le Maïdan en février 2014, en compagnie du cofondateur du parti nazi Svoboda, Oleg Tiagnebok.
Donc, le plus inquiétant dans cette Europe hagarde, n'est pas cette renaissance des idéologies mortifères car c'est un symptôme logique d'une décadence majeure annonçant la fin d'un cycle anthropique, mais plutôt le crédit que l'élite politique leurs accorde rajoutant ainsi une dimension suicidaire aux changements qui s'annoncent...


Interview de Graham Phillips avec des néo nazis 
peu de temps avant son arrestation le 16 mars


Plus que jamais il est nécessaire de rééquilibrer notre appréhension du Monde et comme le préconisait Antonio Gramsci, d'opposer "au pessimisme de l'intelligence l'optimisme de la volonté." en commençant par refuser ce repli idéologique vers les charniers du passé.

Erwan Castel


Sources de l'article :


Le mythe des frontières nationales

Les peuples d'Europe à l'assaut de leurs nations-prisons


Il y a 2 ans exactement, une réparation historique était réalisée par un processus référendaire qui donnait au peuple de Crimée la possibilité de se prononcer sur son avenir au moment où l'Ukraine venait de subir un changement de régime brutal orchestré par les USA et leurs laquais de l'UE, comme en témoigne depuis les déclarations des responsables étasuniens en charge du dossier, de Victoria Nuland, qui reconnait une aide financière à de 5 millions de dollars à l'opposition ukrainienne, au Président Barak Obama lui-même qui avoue la responsabilité des USA dans le changement de régime survenu à Kiev en février 2014.

Le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie est légal car réalisé par des votes démocratiques conformes au "Droit des peuples à disposer d'eux mêmes" (art55 de la charte des Nations Unies). En effet le référendum qui a été réalisé sous couvert d'une équipe d'observateurs qui n'ont constaté aucune infraction dans la procédure du scrutin, a donné une très large victoire au rattachement par 96.77 % des votes de 83,1% de participation. Le résultat est sans appel !



Après que le peuple de Crimée se soit majoritairement prononcé le 16 mars 2014 en faveur d'une "réunification de la Crimée avec la Russie dans les droits de la Fédération de Russie" le parlement a fait une déclaration d'indépendance et a présenté sa demande de rattachement à la Fédération de Russie à la Douma russe, qui l'a aussitôt entérinée le 18 mars 2014.

Les occidentaux, furieux de voir s'échapper des griffes de leur cupidité militaro-industrielle, le plus beau morceau géostratégique régional (notamment avec la présence de la flotte russe de la Mer Noire) ont aussitôt hurlé à l'illégalité du référendum oubliant leur outrecuidance d'avoir validé un mois plus tôt un coup d'état à Kiev ! C'est le début des sanctions économiques déclenchée contre la Russie depuis 2 ans...

Or ce référendum en Crimée a été justement rendu possible parce que le Maïdan avait créé un rupture de l'ordre constitutionnel ukrainien et des protocoles qui liait à Kiev cette province devons nous le rappeler qui fut arbitrairement rattachée à l'Ukraine soviétique en 1954 par Nikita Khrouchtchev, et ceci sans demander l'avis de son peuple !

Depuis l'affaire est entendue par l'opinion publique : la Crimée russe est retournée à sa Mère Patrie et les gesticulations des palais atlantistes justifiant le maintien des sanctions économiques contre la Russie montrent aujourd'hui que le rattachement de la Crimée n'était qu'un prétexte pour déclencher une agression économique étasunienne russophobe..

Nous ne reviendrons pas sur cette réparation historique légitime mais sur le cas de jurisprudence qu'elle représente sur le plan du droit international et qui a déjà été soulevé au moment du référendum sur l'indépendance du Kosovo.
En effet, le 22 juillet 2010 la cour internationale de Justice appelée a étudier le référendum et du Kosovo a conclu que l’adoption de la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 de cette partie de la Serbie "n’a violé ni le droit international général, ni la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité, ni le cadre constitutionnel.En conséquence, l’adoption de ladite déclaration n’a violé aucune règle applicable du droit international."


A l'occasion de ce deuxième anniversaire du référendum de Crimée, John Kirby du Département d'Etat américain s'est fendu d'une déclaration dont la mauvaise foi aussi stupide qu'arrogante :


Tout d'abord si John Kirby ne prend pas en compte le XXIème siècle c'est pour éviter d'aborder les décennies précédentes et tous les problèmes nés des conflits et des traités internationaux qui pourtant ont bien imposé aux peuples d'Europe "des changements de frontières par la force" pour ne parler que des traités de Versailles ou Ribbentropp-Molotov par exemple. Et cela évite à ce bouffon du Nouvel Ordre Mondial d'évoqué le rattachement arbitraire de 1954 lié au dossier évoqué !

Et quand bien même nous ne considérerions que le XXIème siècle, qu'en est-il alors des indépendances du Timor Oriental (2002) ou du Kosovo (2008) déjà évoqué plus haut et qui ont été obtenues suite à des référendums populaires similaires à celui de la Crimée ?

Non on voit bien, s'il en était besoin, que l'argumentaire historiographique de Kirby démarre son référencement hypocrite quand ça arrange l'hégémonie étasunienne. Ainsi est-il plus aisé pour ce Nouvel Ordre Mondial en quête de légitimité, d'interdire tous les coups d'état , tous les conflits, tous les référendums... sauf bien sûr ceux qu'il a initié et contrôlé !

C'est le temps du 2 poids 2 mesures ou le système paniqué ne craint pas l'incohérence malhonnête et ridicule et a appuyant par exemple un référendum mené par des représentants illégaux du Kosovo en 1991 et en déclarant en 2015  illégal celui organisé par le parlement élu de Catalogne !  


En réalité, ce que nous observons aujourd'hui dans la région du Dniepr est symptomatique de tout système artificiel idéologique, religieux ou politique fondé par la force et non le droit et qui pour des raisons diverses (économique, politique, démographique etc...) est fragilisé dans son pouvoir. 
Les peuples étrangers intégrés et soumis à ce système centralisateur unitaire retrouvent alors souvent le chemin racinaire de leurs identités naturelles qui ont été un moment asservies par l'Histoire toujours écrite et imposée par les vainqueurs militaires.

Ainsi de cette Ukraine composite monstrueuse aux pièces polonaises, moldaves ou russes rapportées au cours des derniers conflits européens. Dans cet immense pays fragilisé par 25 années de corruption gouvernementale atavique, les provinces réputées étrangères ont toujours voulu s'émanciper d'une mentalité centralisatrice dans laquelle elles ne s'étaient jamais reconnues, leurs identités spécifiques n'étant pas elles mêmes reconnues par le Pouvoir.
Les régions russophones (40% de la population) ont toujours appuyé l'idée d'une fédéralisation pour garantir leurs spécificités dans le cadre de la constitution ukrainienne. Cette fédéralisation a toujours été demandée, évoquée, et même promise mais toujours trahie depuis la fin du régime soviétique quand Leonid Koutchma prend le pouvoir.

Ce qui s'est passé en Crimée et se déroule dans le Donbass depuis les 2 années de guerre qui ravage la région, c'est exactement ce qui va se produire dans l'Europe (et ailleurs) de manière identique ou sous d'autres déclinaisons plus pu moins violentes : une libération des peuples natifs par une reconquête de leur territoires naturels et de leurs pouvoirs représentatifs.

Les Etats nations ont vécu, n'en déplaise à leurs fanatiques colleurs d'affiches "nationalistes", y compris d'ailleurs certains staliniens, nazillons, clébards du GUD et autres paumés du système qui sont venus de France selon leurs humeurs et tumeurs, à Kiev mais aussi à Donetsk lutter contre un mondialisme dont ils ne sont finalement que des fidèles représentants et idiots utiles. 

L'ancien monde s'écroule et emportera définitivement dans l'oubli de l'Histoire les totalitarismes religieux et politiques coupables du chaos actuel, tandis qu'une nouvelle métapolitique, à la fois plus ancienne et plus audacieuse est en train de naître et restaurer l'authentique Europe qui va renaître dans le concert de ses peuples libérés et de leurs frontières historiques restaurées. Car, force est de constater que contrairement à l'Afrique ou les conflits sont ethniques (à part peut-être la Mauritanie), les saignées vécues en Europe ont presque toujours un différent frontalier à l'origine, carcan artificiel dessiné par des intérêts supra nationaux et étouffant ou divisant ses peuples natifs. 

C'est pourquoi cet anniversaire de l'autodétermination de la Crimée nous concerne tous car il n'est que le premier pas de d'une réparation historique à l'échelle de tout le veux continent et dont nous avons la chance de pouvoir être non seulement les témoins mais aussi les acteurs d'une nouvelle Europe qui fondée sur un principe de subsidiarité respectant ses peuples natifs sera libérée des dictatures successives des Etats nations des princes et de l'Union Européenne des banquiers.

Demain l'Europe aux cent drapeaux de Yann Fouéré ne sera plus un rêve, et rien ne pourra lui résister, surtout pas ces frontières artificielles dont le mythe n'est que mystification historique.

Erwan Castel



Sources de l'article :

- Site Ria Novosti, le lien : ICI
- L'avi de la Cour internationale de justice concernant le Kosovo, le lien : ICI

mercredi 16 mars 2016

Veni Vidi Vici !


Là il faut avouer que Vladimir Poutine a plus d'un tour dans son sac et que tant sur le plan de la stratégie militaire que sur celui de la diplomatie internationale il sait avec défendre les intérêts de la Russie et la paix dans le monde avec efficacité et élégance !

En Syrie il a attendu que la situation provoquée par les occidentaux leur échappe totalement pour intervenir avec l'aval de l'ONU et stopper la folie meurtrière de Daesh and Co tout en dévoilant les liaisons dangereuses entretenues par les occidentaux avec les djihadistes et surtout la Turquie qui voit son masque arrachée par les révélations des renseignements russes.

Les européens alors en panique hésitent a défendre l'indéfendable, et lâchent (du moins officiellement)  un Président Erdogan qui quant à lui, grillé n'ayant plus rien à perdre se jette dans une fuite en avant et provoque, mais en vain, la Russie en abattant un de ses avions. Cette dernière redouble alors ses bombardements, inversant la situation militaire sur le terrain, et redonnant l'avantage à l'armée syrienne qui libère 400 localités et reprend l'initiative. 

C'est alors que la Turquie, par laquelle les USA veulent régionaliser le conflit dans une confrontation factuelle Russie / OTAN, bombarde et entre sur le territoire syrien pour provoquer la Russie comme une souris qui voudrait jouer avec la queue du chat qui l’empêche de manger son fromage...

Trop tard ! car désormais la Russie s'en va sa mission ayant été accomplie en moins de 6 mois, elle offre la victoire finale contre le terrorisme importé à la nation syrienne dont l'honneur restauré de l'armée est sauf.  
Désormais une résolution politique du conflit est à nouveau possible le pays n'étant plus l'otage des idiots utiles de Washington, et le gouvernement de Bachar El Assad  peut à nouveau s'imposer comme ce qu'il est le représentant légitime du peuple syrien.


Désormais le conflit redevient un conflit national et l'armée syrienne va pouvoir parachever le travail et ramener la paix par une victoire des forces nationales sur le terrorisme international. 

Les USA ont perdu, la Turquie est grillée, les djihadistes sont détruits, et la Russie est renforcée sur le plan diplomatique et militaire, tant au niveau extérieur où elle a su imposer le droit international, que sur le plan intérieur où elle a offert au peuple russe une victoire sur le terrorisme international sans tomber dans un piège afghan ou irakien ! 

Mais attention cette intervention russe en Syrie si elle a conduit à un échec de la stratégie interventionniste étasunienne et occasionné de lourdes pertes pour les djihadistes combattant pour elle, cela ne veut pas dire tout autant que la menace est définitivement écartée et que Daesh est "échec et mat". 
Il appartient donc à l'armée syrienne de finir le travail et vite car le temps jouant contre elle Daesh pourrai,t avec l'aide de la Turquie, se relever et reconquérir le terrain perdu.

En attendant, c'est un sans faute pour le Président russe qui honore ses engagements ses alliances et sa parole, et nous offre un belle leçon de politique,et qui nous rassure car elle nous montre que la franchise et l'intelligence peuvent encore s'imposer pour éviter le chaos...

Et surtout c'est un avantage incontestable de la diplomatie russe qui peut maintenant imposer avec plus de force encore le droit dans le conflit ukrainien...

Erwan Castel, volontaire en Novorossiya

jeudi 10 mars 2016

La servitude volontaire

"Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux"

Etienne de la Boétie, 1549


Etienne de la Boétie, ce "Rimbaud de la philosophie" (1530-1563) a écrit vers l'âge de 16 ans un court essai intitulé "Discours de la servitude volontaire" et qui décrit au delà des mécanismes de la tyrannie quelles en sont les éléments et le mécanismes constitutifs à l'apparition de la dictature.

Il ressort de cet ouvrage essentiel à une compréhension du monde moderne que non seulement il n'y a pas de tyrannie sans esclaves mais que ce sont ces derniers qui produisent les tyrans.

D'autres auteurs contemporains vont prolonger cette analyse et notamment Aldous Huxley ("Le meilleur des mondes"), Georges Orwell ("1948"), Guy Debord ("La société du spectacle") Hannah Arendt etc... et dénoncent à leur tour cette faiblesse que La Boétie décrivait comme un "vice" incompréhensible de l'Homme abandonnant volontairement sa liberté à une tyrannie.

En 2007, Jean-François Brient écrit un livre "De la servitude moderne" qui prolonge la réflexion de Etienne de la Boétie dans notre monde moderne ou la marchandisation  a remplacé la tyran et le consommateur l'esclave...

Ce travail sera adapté au cinéma 2 ans plus tard par Victor León Fuentes, sous la forme d'un documentaire de 52', un film essentiel a diffuser le plus possible !

« les hommes ne sont pas esclaves parce qu’il existe des maîtres, 
mais il existe des maîtres parce qu’ils ont choisi de demeurer esclave ».

Les différent sujets traités dans ce documentaire sont :

1. La servitude moderne
2. L’aménagement du territoire et l’habitat
3. La marchandise
4. L’alimentation 
5. La destruction de l’environnement
6. Le travail
7. La colonisation de tous les secteurs de la vie
8. La médecine marchande
9. L’obéissance comme seconde nature
10. La répression et la surveillance
11. L’argent
12. Pas d’alternative à l’organisation sociale dominante
13. L’image
14. Les divertissements
15. Le langage
16. L’illusion du vote et de la démocratie parlementaire.
17. Le système totalitaire marchand
18. Le chaos social en perspective

Etienne de la Boétie  1530-1563 ce jeune philosophe humaniste et poète, sera salué  par son ami Montaigne
Les différentes déclinaisons descriptives de notre monde moderne présentées dans ce documentaire sont des prolongements de la réflexion du jeune philosophe du XVIème dont la vision est restée étonnamment actuelle malgré la mutation de la tyrannie car, alors que la servitude contraignante de l'esclavage a disparu, la servitude volontaire a survécu et s'est même généralisée dans le système démocratique qui semble être le cadre idéal à l'épanouissement des nouvelles dictatures...

L'universalisme d'une pensée et l'individualisme du liberté surveillée ont donné aux hommes l'illusion de jouir d'un libre arbitre. On le voit sur les réseaux sociaux où trop d'information tue l'information et surtout l'action, et les consciences, comme des papillons attirés par la lumière restent engluées et perdues dans les labyrinthes d'une réinformation perpétuelle chronophage d'où elles ne peuvent plus s'extraire.
Le résultat est que le peuple ne descend plus dans les rues défier le pouvoir, il se rassemble dans des forums virtuels ou des groupes Facebook impersonnels pour une masturbation intellectuelle stérile et improductive entre "amis"... 
Je le vois quotidiennement autour de moi, les gens sont enfermés dans la geôle des écrans tactiles de leur téléphones portables, prisons idéales (et rentables) d'un pouvoir à qui l'Homme offre un système de surveillance contrôlant les hurlements thérapeutiques et inoffensifs des esclaves repus par l'illusion que le collier a disparu quand de facto ce n'est que la laisse qui est plus longue.

Trop de liberté tue la Liberté !

Et cette nouvelle forme de la servitude volontaire est donc étonnante car elle s'organise autour de la victoire apparente de ce qui prétend la combattre, et les libertés modernes de l'avoir se retournent ainsi aujourd'hui contre la Liberté de l'être... 
On observe alors avec effroi que le monde imaginé par Georges Orwell il y a 70 ans est aujourd'hui bien réel, et que la disparition des tyrannies objectives a même anéanti notre désir de Liberté au point de dénaturer son essence dans un paraître illusoire. 


Or la Liberté est une valeur identitaire qui n'existe que lorsqu'elle est éprouvée en conscience amis aussi dans la chair et la masse qui par nature n'a pas de libre arbitre, mais juste des besoins atomisés au niveau de pulsions individuelles et qui ne pourront jamais générer des dynamiques politiques collectives.

Voilà pourquoi, parallèlement à un abrutissement consumériste égocentrique, le système s'est attaché à vouloir détruire depuis l'apparition de la pensée unique, qu'elle soit d'expression théologique ou politique, tous les corps sociaux intermédiaires susceptibles d'opposer des identités sacrées, à la dictature de "l'idéologie du même" et sa marchandisation du monde ! .

La grande ruse de nos démocraties parlementaires est d'avoir maintenu l'illusion d'une personnification et d'une spatialisation du pouvoir alors qu'en réalité, des élus locaux au Président de la République en passant par les parlementaires nous n'avons que des marionnettes qui veulent nous donner l'illusion d'un débat d'idées pour attirer notre attention et nos passions collectives loin de la réalité d'une ploutocratie sans frontière amorale.

Mais le plus grave est certainement ce dessèchement du coeur des hommes consécutif à l'abêtissement de l'Homme asservi car il est également devenu lâche, comme le constate La Boétie : "Or est il donc certain qu’avec la liberté, se perd tout en un coup la vaillance"

Or, cette "vaillance" est vitale car sans elle l'Homme ne peut plus protéger ou conquérir le degré de sa Liberté. Cette liberté, individuelle mais aussi  sociale et ne fait pas partie d'une nature innée comme l'instinct de survie par exemple mais bien d'un héritage historique légué par des identités collectives qu'elles soient de dimension familiale, régionale ou nationale. 

Dans l'Histoire des hommes, les libertés physiques ou intellectuelles ont souvent été attaquées par la tyrannie, mais jamais cette dernière n'a pu faire disparaître leur désir du coeur de l'Homme éprouvé, Au contraire jamais l'amour porté la Liberté n'a  été aussi grande que sous la botte des tyrans. Mais si cette liberté reste une braise ardente dans le coeur de l'Homme, c'est uniquement parce qu'elle est entretenu par le souffle de sa vaillance...

Du temps de l'esclavage ces combats pour la Liberté appelés "marronnages" étaient plus le fait des "nègres de canne" que des "nègres de maison" pourtant moins bien surveillés que leurs frères des plantations, mais un meilleur confort, des soins et de la nourriture avaient étouffé la braise dans beau coup de coeurs pour qui l'esclavage était devenu une fatalité.

Il nous appartient donc en attendant que sonne l'heure de la reconquête, d'entretenir notre héritage européen et cette vaillance au secret de nos âmes, car sans eux la Liberté vraie ne serait plus qu'une promesse vaine d'un nouveau paradis artificiel.

Saint Exupéry, dans "Citadelle", son ultime ouvrage (posthume) rappelle lui aussi avec force cette faiblesse de la Nature humaine écrasé par elle même lorsqu'elle n'est plus que bétail :


"Seul compte pour l'Homme le sens des choses"


(Chapitre XI)

"Je me souviens de ce qu'il advint d'eux, quand mon père parqua les trois mille réfugiés berbères dans un camp au Nord de la ville (...) Comme il était bon il les nourrit et les alimenta en étoffes, en sucre et en thé. Mais sans exiger leur travail contre les dons de sa magnificence. Ainsi n'eurent-ils plus à s'inquiéter pour leur subsistance (...)
Mais qui eut pu les croire heureux ? Nous allions parfois les visiter quand mon père désirait m'enseigner.

"Vois, disais-t-il, ils deviennent bétail et commencent tout doucement de pourrir... non dans leur chair mais dans leur coeur."

Car tout pour eux perdait sa signification.(...)

Et voilà que nos protégés n'avaient plus rien à se dire. Ayant usés leurs histoires de famille qui se ressemblaient toutes? Ayant achevé de se décrire l'un à l'autre, leur tente, quand toutes leurs tentes étaient semblables. Ils usaient encore du langage pour des effets rudimentaires : "Prête moi ton réchaud" (...)

Humanité couchée sur sa litière, sous sa mangeoire, qu'eût-elle désiré ? Au nom de quoi se fut-elle battue ? Pour le pain, ils en recevaient. Pour la liberté ? Mais dans les limites de leur univers, ils étaient infiniment libres. (...)

Cependant la discorde s'installa chez eux comme une maladie. une discorde incohérente qui ne les partageaient point en deux camps mais les dressait tous les uns contre chacun (...) Ils se surveillaient les uns les autres comme des chiens qui tournent autour de l'auge, et voici qu'au nom de leur justice ils commirent des meurtres, car leur justice était d'abord égalité. Et quiconque se distinguait en quoi que ce fut était écrasé par le nombre.

la masse, me dit mon père  hait l'image de l'homme, car la masse est incohérente pousse dans tous les sens a la fois et annule l'esprit créateur. il est certes mauvais quand l'homme écrase le troupeau, mais ne cherche point là le grand esclavage : il se montre quand le troupeau écrase l'homme. (...)
si tu veux qu'ils soient frères, oblige-les de bâtir une tour. mais si tu veux qu'ils se haïssent, jette-leur du grain.

Et nous constatâmes peu à peu qu'ils perdaient l'usage des mots qui ne leur servaient plus. (...) Ils ne formaient plus que ces grognements vagues qui réclament la nourriture. Ils végétaient sans regrets, ni désirs ni haine ni amour.(...)

(Chapître XII)

"Car voilà bien, disait mon père, un grand mystère de l'Homme. Ils perdent l'essentiel et ignorent ce qu'ils ont perdu. Ainsi l'ignorent de même les sédentaires des oasis accroupis sur leurs provisions. (...) Tout s'est terni. Tout s'est durci. Et l'Homme qui ignore le désastre ne pleure pas sa plénitude passée. Il est satisfait par sa liberté qui est liberté de n'exister plus.(...)

C'est pourquoi il convient en permanence de tenir réveillé en l'homme ce qui est grand et de la convertir a sa propre grandeur. car l'aliment essentiel ne lui vient pas des choses mais du nœud qui noue les choses. (...)

Et mon père envoya un chanteur à cette humanité pourrissante. Le chanteur s'assit vers le soir sur la place et il commença de chanter. Il chanta les choses qui retentissent les unes sur les autres. Il chanta la princesse merveilleuse qu'on ne peut atteindre qu'à travers deux cent jours de marche dans le sable sans puits sous le soleil. Et l'absence de puits devient sacrifice et ivresse d'amour. Et l'eau des outres devient prière car elle mène à la bien aimée.(...) Et ils eurent soif de la soif et tendant leurs poings dans la direction de mon père : "Scélérat ! tu nous as privés de la soif qui est ivresse du sacrifice pour l'amour !"

Il chanta cette menace qui règne lorsque la guerre est déclarée et que le sable se change en nid à vipères. Chaque dune s'augmente d'un pouvoir qui est de vie et de mort. Et ils eurent soif du risque de mort qui anime le sable.

Il chanta le prestige de l'ennemi quand on l'attend de toutes part et qu'il roule d'un bord à l'autre de l'horizon, comme soleil dont on ne saurait d'où il va surgir ! Et ils eurent soif d'un ennemi qui les eut entouré de sa magnificence comme la mer.

Et quand ils eurent soif de l'amour entrevu comme un  visage, les poignards jaillirent des gaines (...) Et ce fut le signal de la rébellion, laquelle fut belle comme un incendie !

Et tous ils moururent en Hommes ! (...)

(Chapître XIII)

car on ne meurt point pour des moutons, ni pour des chèvres  ni pour des demeures ni pour des montagnes. car les objets subsistent sans que rien ne leur soit sacrifié. mais on meurt pour sauver l'invisible nœud qui les noue et les change en domaine, en empire, en visage reconnaissable et familier."

Antoine de Saint Exupéry, "Citadelle"



Sur l'essai de Etienne de la Boétie :

- Le livre en format PDF, le lien : ICI


Sources de l'article : 

- Vidéo YouTube, le lien : ICI, sur DalyMotion, le lien : ICI
- Critique du documentaire 

La déesse mère...

Comment imaginer vénérer un principe divin 
qui ne serait ni maturant ni réel ?

Forêt tropicale en Guyane française (Photo Erwan Castel)


Etre païen, Vs Thibault Isabel

"Adorer des images, c'est reconnaître qu'il y a du divin dans l'ordre du sensible, et c'est donc indirectement reconnaître qu'il y a du divin dans le monde, dans la nature.

Pour un païen, Dieu n'est pas un être purement intelligible, abstrait; c'est aussi (et avant tout peut-être) un être concret, enraciné dans le monde. Et c'est pourquoi l'on peut l'adorer sous forme d'image; c'est pourquoi même on le doit, car ce serait sinon un sacrilège à l'égard de la nature.

Pour un païen, le monde est directement divin, c'est-à-dire que les dieux sont des aspects de la puissance du monde. Nous devons adorer des images, pour nous souvenir que la nature est divine, que l'ordre sensible des choses est vénérable.

La foi chrétienne est tendue vers un Dieu au-delà du monde: il faut y croire pour l'adorer, car nos sens ne nous apportent aucun gage de sa présence.

Quand on adore un dieu païen, en revanche, c'est différent : puisque personne ne peut douter de l'existence de la foudre, du vent, de la pousse des fleurs, etc. 
Or, c'est bien cela que nous adorons à travers les dieux: la nature, et non un être au-delà de la nature.

Il n'y a donc pas de "foi" dans notre adoration, même si cette adoration repose malgré tout sur une certaine vision du monde. Mais une vision du monde, c'est une manière d'interpréter l'univers, ce n'est pas une foi.

On croit à quelque chose d'"étrange" (l'existence physique des dieux), mais néanmoins à quelque chose de présent dans le monde, et non à un être métaphysique, qui seul justifierait une "foi".

En outre, dans les textes antiques, les dieux sont d'abord appréhendés comme figuration, c'est-à-dire qu'ils donnent forme à la nature, qu'ils la représentent (et, en ce sens, ils sont réels, puisque la nature est réelle), mais leur portée reste symbolique. Ils sont des symboles de réalité.

Pour le paganisme, il n'y a qu'un seul monde: la nature, et c'est cette nature qu'il faut adorer.

Pour les religions révélées, il y a deux mondes: la nature et l'au-delà, et c'est l'au-delà qu'il faut adorer.

Pour les panenthéismes, comme le bouddhisme ou l'hindouisme, il y a un seul monde, mais divisé entre une essence supérieure et englobante, et un reflet plus ou moins dégradé et illusoire, au sein duquel nous vivons: le salut, dans cette perspective, consiste à s'affranchir des vicissitudes du devenir (voire du cycle des réincarnations). C'est pour cela que le panenthéisme est à mi-chemin entre paganisme et religions révélées: il croit à une forme partielle de transcendance, adhère aux doctrines de salut, valorise souvent l'ascèse.

Moi, en tant que païen, je ne me sens pas panenthéiste, même s'il existe des liens entre paganisme et panenthéisme, comme il en existe entre panenthéisme et religions révélées."

Thibault Isabel

Sources  de l'article

- Vidéo YouTube, le lien : ICI
- Thibault Isabel, le blog : ICI, le site : ICI

mardi 1 mars 2016

Le retour du printemps

Les dieux reviennent...


Lorsque tous se lamentent de la crise du Monde Moderne, des "banksters" inquiets  de voir s'effondrer le monopole de leur empire vampirique, aux consommateurs affolés de ne plus pouvoir s'acheter le dernier Iphone le jour de sa présentation sacrée dans les temples de la consommation, je me réjouis personnellement de l'arrivée tant attendue de cette crise systémique qui mettra fin à cet anthropocentrisme contre nature d'un christianisme universaliste et de son avatar sécularisé le Nouvel Ordre Mondial.. 

Car depuis des siècles l'Homme, aveuglé par son pouvoir, n'a eu de cesse que de vouloir imposer son esclavage à la Nature et à tous les peuples de la Terre, en cachant son orgueil derrière une pensée unique sacralisée et dogmatisée justifiant tous ses actes y compris les plus fous. C'est ainsi qu'ont été menées successivement dans l'Histoire, au nom du Christ puis des Droits de l'Homme, les croisades sanglantes de pouvoirs totalitaires qui en massacrant des peuples entiers au nom de la religion d'Amour ou en bombardant des pays souverains au nom de le Démocratie sont devenus les hérétiques de leurs propres étendards.

Mais peu chaut leurs crimes et mensonges à ces enfants de Loki, car depuis que l'Homme a inventé un monde urbain vidé du sens naturel et dévoué à ses besoins, il se croit le maître absolu d'un royaume terrestre qui lui aurait été offert par un dieu céleste étrange et surtout étranger à son domaine : "Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre" (Genèse 1-28)". 

Chacun son royaume... et son monopole !

L'esclavagisme d'un universalisme monothéiste a bien préparé l(Occident à la servitude du monde moderne, où les Hommes, enchaînés à une cupidité individualiste, ont détruit progressivement l'être naturel au profit d'un avoir et d'un paraître artificiels obéissant à une dynamique boulimique et vampirique où la consommation devient consumation des âmes. 


Pourtant la sagesse des anciens dieux qui coule dans les veines de la Tradition, des mythes grecs aux interprétations contemporaines d'une héroic fantasy, avait dans les légendes originelles bien mis en garde l'Homme prométhéen contre la folie orgueilleuse d'un anthropocentrisme de droit divin...

Heureusement, la Nature impose sa dure loi des cycles, celle qui sous les étoiles fait naître, se mouvoir et mourir toute toute forme de vie, de l'insecte microcosmique à l'empire macro-sociétal, et même les monstres n'échappent pas à cette loi divine. 
Ainsi du système économique libéral, ce Golem des temps modernes, né de cette matière inerte et contre nature qu'est l'argent, et qui est sur le point de jouer le dernier acte de cette tragédie humaine. 

C'est l'hiver qui approche, car avant de retourner au néant, l'élite de vampires financiers qui a créé le monstre va certainement tenter de le nourrir dans un océan de larmes et de sang espérant dans une fuite en avant prolonger sa vie, au risque de suicider le Monde. 

"Notre monde est entrain de naître. Invisible comme les fleurs et les blés de demain, il fait son chemin sous la terre. Nous avons déjà nos racines, solidement enfoncée  dans la  nuit des âges, ancrées dans le sol de nos peuples, nourries du sang de nos anciens, riches de tant de siècle de certitude et de courage que nous sommes les seuls à ne pas renier. Nous sommes entrés dans un hiver intégral où l’on oblige les fils à avoir honte des hauts faits de leur père, où l’on préfère l’étranger au frère, le vagabond au paysan, le renégat au guerrier. Nous sommes entrés dans un hiver où l’on construit des maisons sans cheminée, des villages sans jardin, des nations sans passé. Nous somme rentrés dans l’hiver.

La  nature meurt  et  les  hommes  deviennent tous semblables. Il n’y a plus  de  paysages et plus de portraits. Nous vivons dans des cubes. Avec un peu de chimie, nous nous éclairons, nous nous nourrissons, nous n’avons pas trop d’enfants, nous oublions la lutte, l’effort et la joie. Oui, malgré les lumières du néon, les vitrines et les images du cinéma, malgré les fêtes de noël, les guirlandes, les messes et les sapins, nous sommes entrés dans un très long hiver.Nous sommes quelques-uns qui travaillons au retour du printemps."
Jean Mabire (1927-2006)

"C'est quand un monstre se noie qu'il fait les plus grosses vagues" dit un proverbe russe, et La crise systémique qui nous frappe de ses déferlantes économiques, sociétales, morales, religieuses, démographiques écologiques... n'est que l'écume d'un chaos qui emportera le Nouvel Ordre Mondial amoral et fera naître un monde nouveau réconcilié avec la Tradition que les hommes ont enchâssé dans les dieux anciens. 
Voilà pourquoi l'effondrement de notre monde moderne ne doit pas nous effrayer, car il est aussi le chaos créateur duquel émergera un nouveau monde débarrassé de la cupidité meurtrière des idéologies totalitaires...

C'est ainsi depuis le commencement des temps: chaque cycle à besoin de son chaos comme chaque vie est enfantée dans la douleur et je suis convaincu que les consciences européennes enfin éveillées feront de cet hiver un nouveau Ginungagap pour que les anciens dieux reviennent marcher au milieu des hommes et être à nouveau les miroirs bienveillants de leurs actes et leurs pensées...

Et ceci n'est pas un retour dans le Passé mais une réconciliation avec nous mêmes dont nous avons su entretenir la flamme pour  préparer le futur de la Tradition dans une Europe libérée...

Erwan Castel


"Chacun de nous est le dernier des européens"

"Je sens peser sur mes épaules misérables le poids démesuré du plus glorieux des héritages. A moi, qui ne suis rien et qui n’apporte rien, la civilisation fait un cadeau gigantesque : le patrimoine de l’Europe. Il est fait de trésors et de souvenirs. Chacun de nous, je crois, à Londres et à Vienne, à Berlin et à Madrid, à Athènes et à Varsovie, à Rome et à Paris, à Sofia et à Belgrade, doit ressentir le même drame. Je suis le prince débile issu d’une lignée de colosses et qui va peut-être clore une race. Je mourrai sans postérité, stérilisé par l’atome ou égorgé par un fanatique. Et mes frères auront le même sort. Des géants nous précèdent, des héros et des savants, des explorateurs de la terre et des explorateurs de l’âme, des César et des Antoine, des monarques et des capitaines, des silhouettes sévères en robe de bure, de belles courtisanes ou des brutes implacables. Tout un cortège de grandes figures, resplendissantes de splendeur et de puissance, se déroule à nos yeux, immense fardeau pour nos contemporains dérisoires. Voici que s’amassent à l’Orient les nuages sinistres de la ruée païenne et barbare. Je vais mourir. Je meurs. Et la race Europe avec moi. Avec nous. Je ne laisserai rien. Depuis cinquante ans j’ai dispersé l’héritage. Et laissé le royaume du ciel en friche. Je n’aurais pas d’héritiers dans ce monde hostile et chaotique. Je ne puis laisser qu’un message : l’histoire, la très belle histoire d’une civilisation mortelle, qui se croyait invincible. Une civilisation pour laquelle des milliards d’hommes ont lutté et vaincu pendant trente siècles. Personne ne sera là pour me lire. Qu’importe. Voici comme un dernier cri de rage et d’amertume."

Jean de Brem (1935-1963)
Le testament d’un Européen